01/09/2018

L'Histoire du Gazon synthétique

Le "gazon synthétique", aussi appelé "gazon artificiel" ou "pelouse artificielle" ou "pelouse synthétique, est un revetement / une surface qui imite la pelouse naturelle. Ce faux gazon est constitué de produits petrochimiques de manière à imiter son aspect et certaines de ses caractéristiques. Deux avantages principales peuvent etre avancés : un moindre besoin de l'entretien et de l'arrosage et la possibilité d'un usage intensif, quelle que soit la météo.
La marque AstroTurf, première à avoir connu un succès commercial dans les années 1960, est toujours employée par certains comme terme générique pour désigner le gazon synthétique.
Histoire du Gazon synthétique
Dans les années 1940, apparaissent des espaces en Tartan, un matériel en caoutchouc, sur lesquelles des sportifs commencent à s'entraîner. En 1966, du tartan est installé pour la première fois sur un hippodrome, mais la majorité des entraineurs et la moitié des jockeys refusent de participer à la première grande course organisée sur ce terrain, "craignant de possibles dommages aux chevaux et des blessures aux cavaliers sur cette surface « choquante". Au cours des saisons suivantes, une couche de sable a été ajoutée pour adoucir la surface caoutchoutée, mais ce matériau a continué à recevoir des critiques et n'a jamais vraiment convaincu les cavaliers ».
En 1966 l'Astrodôme de Houston (États-Unis) acquiert un premier terrain de sport artificiel, présenté comme une démarche vers la modernité. Une première vague de terrains aux États-Unis utilise l'AstroTurf, jugé par les experts "tout à fait durable, mais cher et non idéal pour l'athlétisme concurrentiel parce qu'il était abrasif et peu flexible, ce qui rend les athlètes vulnérables aux blessures du genou". Grâce à un remplissage de granules de caoutchouc, la tenue des brins du gazon synthétique sera améliorée, rendant aussi le produit plus souple. Puis des produits multicouches seront développés, rendant le jeu plus confortable et diminuant les brûlures lors des glissades.
Dix ans plus tard (1976), les fédérations américaines de hockey imposent le gazon synthétique aux Jeux olympiques de Montréal. En 1987, un gazon synthétique recouvre le terrain de hockey sur glace et une ligue professionnelle de crosse en salle est créée (devenue National Lacrosse League).
Dans les années 2000, après s'être fortement développée aux États-Unis, la filière investit l'Europe, avec l'Organisation européenne du gazon synthétique (ESTO qui dit représenter 90 % de l'industrie européenne du gazon synthétique. En 2009 selon l'ESTO plus de 25 millions de mètres carrés (2 500 hectares ont été posés. Ainsi, près de 300 millions de mètres carrés de gazon synthétique (soit 30 000 hectares) seraient déjà implantés en Europe en 2009. 

Les producteurs, représentants et promoteurs des pelouses artificielles mettent en avant les sécheresses ayant touché l'Europe, dont une 
canicule sévère en 2003, ainsi que la moindre consommation d'eau et la résistance du gazon en plastique. Cet argument a convaincu de nombreux clubs et collectivités. Selon l'ESTO, on comptait en 2009 plus de 2.500 terrains artificiels de football en Allemagne, 1 700 aux Pays-Bas, plus de 2.000 en Espagne et environ 1.200 en France et autant en Italie, mais seulement 600 au Royaume-Uni, où le vrai « gazon anglais » semble avoir culturellement freiné l'artificialisation des terrains de sports. En 2001 la FIFA valide un gazon artificiel que divers grands clubs européens ont installé, notamment pour l'entraînement. L'UEFA va suivre.
En quelques décennies, les brevets se succèdent, donnant lieu à de nombreux types de gazons artificiels qui se répandent dans toute l'Amérique du Nord dès les années 1970, bénéficiant du bas coût du caoutchouc recyclé (pour le substrat ou les matériaux de remplissage car les particules intercalaires font aussi l'objet de brevets. Une industrie dérivée s'est développée autour de l'entretien des terrains avec aussi par exemple, des chaussures adaptées à ces substrats également brevetées) Selon les industriels du secteur, cette filière représentait (en 2008) 300 millions de m2 en Europe, installés depuis les années 1970, et un chiffre d’affaires annuel de 1 milliard d'euros (2008), pour 10 000 personnes employées.